Carmin de bagatelle

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12.05.10

Le Nouvel Obs 2

L’enfant n’a pas commune mesure pour faire dans la démesure. 98 centimètres d’altitude versus 500 GO de mémorisation vive. Un fin limier, un grand observateur qui interpelle votre quotidien de façon insolite. Le Nouvel Obs, donc, est journaliste. D’investigation. Il a la carte de presse intégrée. Il enquête, regarde, note, assimile puis publie son article. Jamais quand on s’y attend…et jamais comme on l’avait prévu.

Vous lui apprenez dès son plus jeune souffle la notion d’interdit. Dans son intérêt bien sûr lui scandez-vous. Parce qu’un parent est un guide pour la vie future. Un pourvoyeur de valeurs. Qu’à cela ne tienne : il vous assomme de "NON" en rafale, à l’aube de sa construction égotique. Insolent !

Vous lui racontez la bio de Victor Hugo, le conflit dix-huitièmiste de Voltaire et Rousseau, la place de Marguerite Duras dans votre âme lettrée, etc. Il vous regarde, pantois, en réclamant Dora et Oui Oui à cor et à cri. Ingrat !

Vous accumulez sous ses yeux avides de découverte vos numéros de Télérama, Libé, Next et autre Magazine littéraire (en planquant bien vos Elle religieusement derrière le canap’) : il passe des heures à jouer avec la bouteille de lait périmée depuis Noël. Inculte !

Rassurez-vous : un jour viendra où il fera votre pub. Considérez cet habitant parallèle comme une source d’investissement à long terme. Un plan d’épargne en quelque sorte. Le jour où il fera votre chronique (sans que vous soyez morte) sera un hors-série à conserver précieusement. Maman, elle regarde Jacques Tati et Jean-Luc Godard ! Et en plus, elle est belle ! Je me vois déjà victorieuse. J’attends encore mon heure…et la sienne.

L’enfant, le vrai saut créatif.
Beyond disruption

Dru

16.04.10

Le mas

Amarante imprévue et de blé, elle est sans bruit.
Son calme seul est une invitation et son charme un miel nouveau.
Sa voix est un souffle, sa charpente un havre de paix.
Bâtisse inconnue, elle semble un abri.
L’Absolu y appelle. Son oasis s’offre non tari.
Sa retraite imaginée est un refuge espéré.
Lyre aux accords inexistants, sa musique fait danser l’âme
Et emporte dans un tourbillon insoluble.
Mas, ton aura est un porte-voix.

Le mas

01.04.10

Carmin de bagatelle

Carmin tu es mon sel et moi je suis ta voix.
Ton code est la couleur et ton aura la profondeur.
Cochenille, Kermès ou Garance,
Ta carnation me met en appétence
Et ton prétexte passionné est frondeur
Quand son propre visage s’y renvoie.

Sanctificatrice, innocente ou virginale
Ta nuance hellène porte le symbole
Des croyances et rites de l’Amour.
Tes reliefs d’affect se fardent des atours
Qui font les plus nobles oboles.
Ton pavillon est aussi printanier qu’hivernal.

Carmin tu es un drapeau dans lequel je m’enroule.
Sur le fil j’écris ma spontanéité,
Dans ton lit je couche mes éclats
Et des mots qui guerroient.
Ta cadence est ma vérité
Et ta déferlante une houle.

Tu captes, tu vibres et tu couronnes
Sans plus ni moins de renversements.
Tu brûles en douceur et ton état de nature
En tout point perdure.
Diurne autant que vespéral, tu es un serment
Qui à toutes âmes se donne.

De cérémonial, tu deviens cardinal.

Bagatelle, je suis sous ta tutelle.
Ton sucre est une aura de rire
Et ton soleil un été fol et frivole.
Loin des frimas rouges tu batifoles.
Dans ta vallée, pas de pire
Mais une primesautière escarcelle.

Badinage et hochet à la verte parure,
Tu vas et viens au gré de tes caprices.
Ta babiole se joue de tout, même de rien
Quand ton conte se déroule sous ma main.
Ton métier n’a plus ni chaînes ni lices,
Seules tes vétilles tissent ma suture.

Bagatelle, tu es une porte qui invite aux gondoles.
Ta parade accueille et fanfaronne,
Elle s’amuse en saltimbanque au rythme des agrumes.
Ton fruit permis est un rayon que je hume.
Brimborion dont la pulpe ronronne,
Ta prairie est de tous le meilleur des rôles.

Carmin

12.03.10

Fipie

Hey Bulldog, viens me réveiller. Tes aboiements riffés m’inspirent et me font quitter le chenil. Tu m’embarques sur ton piano et rockes ma session d’écriture.
Trois minutes et puis s’en va...pour laisser place à Roy Gerson au gai ramage. Sa danse fait tournoyer les idées. Sa mélodie est une fraiche balancelle. If I had you se joue de tout, avant que les harpes ne fassent leur entrée…
L’air est chaud, le soleil miroitant. C’est comme dans un conte. Pensée pour Pélléas et Mélisande. Les cordes sont souriantes et les notes cristallines.
Brassens m’ouvre alors les bras. Je m’y réfugie. Il y fait bon. Les yeux y sont un paysage et les mains s’y tendent. Pour peu que le bonheur survienne, la joie sera mienne.
Fip, je suis fipie de toi.

Un après-midi de janvier. 105.1 MHz / 585 kHz

Fipie

Pensée 4

Aujourd’hui, j’ai de l’aplomb dans l’aile.

Fabis

08.03.10

Avez-vous déjà confondu "pédiatre" et "vétérinaire"?

Temporalité de la mission :
Le matin. Tôt. Peu avant 09H30. Au regard de la non-nuit passée : assimilable à l’aube.

Nom de code :
Enfant malade.

Précision topographique :
Quelque part entre un lit et un téléphone.

Données conversationnelles :
- Oui, allo, bonjour ! Secrétariat de… (surdité temporaire liée à une traître somnolence).
- Bonjour ! Je souhaiterais prendre un rendez-vous pour aujourd’hui, fin de journée s’il vous plait (parole sauvée in-extremis par la résurgence des codes humains de socialisation*).
- A quel nom et pour quel animal s’il vous plait ?
- C’est pour mon fils en fait… (pause d’introspection)…je suis bien chez le Docteur T, pédiatre ?
- Ah non Madame, vous êtes à la clinique vétérinaire de la Roquette.

Aucune chute ne s’impose. Je me l’épargne donc.

*phrase longue assumée

Robert

01.03.10

1er mars

Mars tu es un combat
Dans lequel je me perds.
Parfois ta guerre est lasse
Et la mienne se glace.
Je suis à découvert
Tu as raison de moi.

Quand au cœur de l’assaut
Je me conçois vaincue,
Son image se pose.
Dans mon âme il repose
Et mes sens se sont tus,
Comme au fond du caveau.

Las ! Les Ides renaissent,
Célèbrent tes bourreaux
Et balaient de leur givre
Ma tête déjà ivre.
Ils ne sont que lambeaux
Qui de toi se repaissent.

Un souffle d’équinoxe
Raisonne en un seul cri.
Vil, il scinde mon sort,
Mon zénith et consorts.
Le Printemps est de pluie
Et moi peu orthodoxe.

Ce crépuscule bleu
Aux allures de limbes
Me prive du céleste
Et de toi ce qu’il reste.
Là, au gré de ton nimbe
J’ose entrevoir Dieu.

Veillée_2

26.02.10

D’ores et jadis

Elle se réveilla.
Doucement.
Dans la torpeur du matin balbutiant.

Elle bailla, se frotta les yeux.
S’étira de tout son long, sentit avec délice son corps entier se tendre. Jusqu’aux doigts de pieds. Et même le cou.

Elle chamailla son cuir chevelu, ébouriffant encore plus les cheveux déjà fous de nœuds.

Elle bascula à plat ventre, tendit son minois vers la fenêtre basse, écarta le store vénitien pour voir le dehors.

Soleil et feuilles d’automne. Belle lumière pastel. Diffuse et faufilante. Pigeon librettiste sur le rebord. Sourire. Chat qui bondit sur le lit d’un miaulement aigu. Frottage de truffe et de nez. Câlinage de babines et de joues.

Elle rit en énervant le matou, sauta sur ses pieds. Matelas trampoliné, bonds de liberté et envols béats. Patatras ! Tombée ! Douche.

Il est samedi. Il est midi.


Le parc est overdosé d’enfants de tous âges. Petits, moyens, grands. Etourdissants. Des enfants. Ca piaille, ça crie, ça gigote, ça remue. Le toboggan pleure sous le poids de la marmaille. Le sable vole, arraché du sol par les Nike taille 28. Le tourniquet n’est plus. Certains parents hurlent à tout va. D’autres ont déjà rendu les armes, silencieux. Statufiés devant les gosses qui pissent dans les buissons ou se coursent, se crachant dessus la bave au menton.

Elle avance. Au milieu du fatras stupéfiant. Son opium s’est éteint.


Paris s’assoupit. Le soleil tire sa révérence. L’air est plus frais maintenant et les bancs sont orphelins. Vers la rue des Morillons, le bassin d’eau est un énorme croissant au beurre bien cuit. Mordorés, les reflets des arbres y sont lovés, accompagnés des derniers chatoiements du jour. Les feuilles embrassent l’espace, prisonnières d’un marathon virevoltant. Leurs froissements pluriels entonnent une mélodie qui appelle à la contemplation. Les gazouillis se sont tus. Le toboggan a cessé de gémir. Le tourniquet est toujours dans le même état : ni pire, ni mieux.

Elle rassemble ses espoirs et se lève. Elle sent le vent s’emmitoufler dans son lainage. Elle croise ses bras autour d’elle, comme le ferait un amoureux. Pour la réchauffer. Dans la suavité de ses bras. Angélique, elle sourit.


La vie est un matin auréolé. Un sud venté. Un soir séraphique.

Boite_manivelle

17.02.10

Le couffin

Chaque année, Douce abritait les cadeaux dans un endroit bien choisi de la maison. Chaque année, elle était persuadée que l’enfant ne trouverait pas.
Elle avait tort.

Ce noël-ci, le couffin rose pâle à nœuds blancs et collerette cache poupon, cueilli comme un trésor chez le marchand de jouets, avait élu domicile dans le grenier. Douce l’avait soigneusement recouvert d’un vieux rideau élimé, aux lointaines senteurs de naphtaline. La fleur au cœur, elle l’avait délicatement posé en contrebas du vaisselier, remisé là depuis l’été. La mansarde attenante à la salle de jeux devint ainsi la plus belle des cachettes démasquée par la petite Luce.

Elle avait bien remarqué le manège de Douce, au retour de ville le samedi passé. Que de complications pour sortir les achats de la voiture ! Mais qu’y avait-il donc dans ces déballages ? Rien, rien. Pas pour toi ! avait chantonné Douce, avec toutefois un léger ton de réprimande dans la voix. Avec force discrétion croyait-elle, Douce avait alors affectueusement dissimulé le berceau chéri à l’abri du furet de la maison…qui ne fut pas long à farfouiller et à percer le mystère du « pas pour toi ».

S’ensuivit dès lors un va et vient aussi silencieux que ravi…Luce n’avait de cesse d’aller promener ses mimines sur le voilage pourpre, promu par ses mirettes émerveillées, plus beau papier cadeau du monde. Chaque fois qu’elle allait découvrir l’objet tant rêvé, elle s’imaginait pénétrer dans un lieu magique, seule porteuse du secret de la cachette. A tout petits pas, elle avançait sur le vieux parquet. Ses yeux s’écarquillaient de plus belle au fur et à mesure des centimètres parcourus. Et alors…quel bonheur lorsque la première parcelle de tissu rose se laissait entrevoir. Quel enchantement lorsque la main effleurait l’un des petits nœuds immaculés. Enfin, Luce n’était que gloussements et trépignements devant Le Couffin. Elle souriait à qui mieux-mieux, tant et si bien que tout son visage en tremblait. D’une main pour une joue, l’enfant calmait alors les sautillements incongrus et reprenait ses esprits.

Son Avent à elle dura une semaine. Une semaine de dévotion et d’intime joie, chaque soir en rentrant de l’école. Ses devoirs aussitôt faits, elle quittait la table de la cuisine où un menu coin lui était réservé pour l’étude. Sous prétexte d’aller vaquer à ses dignes occupations de petite fille - elle savait y faire pour tromper l’ennemi -, elle grimpait dans son repère et s’envolait pour son rêve.

Bien plus tard, elle devait se remémorer tout cela et plus encore. Devenue adulte, elle garda en mémoire le charmant crissement de la poignée de porte, à l’époque si lointaine à atteindre. Et la chaleureuse odeur de bois ancien qui habitait la pièce. Et le couinement du parquet. Et les effluves des gâteaux à la cannelle et à l’anis qui s’échappaient du four d’en bas. De tout cela et de tout le reste, elle avait parlé à Douce affaiblie par le temps. De ces tendres délices de l’enfance, elle avait rappelé les souvenirs. De ce noël si cher à son cœur, elle avait tout dit, ou presque, car jamais la mère ne sut que l’enfant savait. Luce, devenue grande, ne pouvait se résoudre à priver Douce de sa fierté de fin stratège. Mais avec elle et elle seule, elle partagea cet univers qu’elle s’était créé. C’est d’ailleurs dans ce doux rêve qu’elle se réfugia, lorsque Douce la quitta.

Douce

09.02.10

Avez-vous déjà pesé le pour et le contre ?

Le pour et le contre, tout le monde connaît. Pesons aujourd’hui sa nouvelle acception et tournons notre réflexion sur son application dans notre société, bien complexe s’il en est ma foi…

Avez-vous déjà remarqué combien l’objet mercantile tend à inverser les valeurs de ses attributs au prorata de l’âge des vôtres ? Je m’explique.

Aux nouveaux venus (de 0 à 10 ans pour faire court et pour garder un tantinet d’espoir), on offre le Pour. Lait pro-croissance, tétine pro-respect des gencives, menus pro-calcium, crèmes pro-fesses roses et/ou pro-peau douce. Puis chaussures pro-plante des pieds, jouets pro-éducatifs, livres pro-bilinguisme…

Quant aux autres, bienvenue dans le monde de l’Anti et du Contre. Nonobstant parlant bien sûr. On ne compte plus les promesses anti-âge, anti-rides, anti-capitons, anti-cellulite (Femmes de France, si vous me lisez…). Mais aussi les sacerdoces anti-déprime, anti-nerfs qui lâchent, anti-morosité, anti-culs qui grattent et autres anti-pieds qui puent.

Il semblerait qu’une éminence grise se gausse de faire peur aux ‘anciens’ et de fourvoyer les ‘plus jeunes’…

En résumé et en calculant vite, on passe finalement 1/8ème de notre existence à flotter dans l’insouciance et la simili-béatitude. 1/8ème de vie dédiée à la faveur d’être et à la logique du mieux-vivre. Les 7/8ème restants sont voués à se battre CONTRE… mais contre quoi ? Contre tout…et parfois même contre soi-même ! Oh mon dieu ! Ciel !*

En somme, malgré qu’en dépit du pour, excepté sa part de contre sauf exception, je pense qu’à l’avenir j’éviterai toute pensée consumériste et écrirai, à la place, un poème à la gloire de mon père.

*Traduction littérale de la réflexion intérieure et intrinsèque que j’ai vécue dans mon moi profond l’espace des quelques secondes précisément retranscrites.

Balance

05.02.10

Pensée 3

Un péteux se prend toujours pour le trou du cul du monde.

La Lune

03.02.10

Pensée 2

Qui veut aller loin ménage ses vergetures.

Monture

Pensée 1

La fesse gauche, c’est mon meilleur profil.

Nuque

02.02.10

Clémentine

Clémentine

30.01.10

Avez-vous déjà imaginé la lettre de motivation idéale ?

Pour ma part, la voici :

Futur cher Xman,
En réponse à votre annonce, veuillez trouver ci-joint mon best-of-CV.

Entrons à présent dans le vif du sujet…

Si j’étais l’impertinence, je vous dirais :
Oui Xman, j’accepte le poste*. Non, ne me suppliez pas, je suis une fille simple et mon intuition guide mes choix. Présentement, elle me dit que votre job description en 4 lignes ½ l’a conquise !
*Voir conditions générales de vente ultérieurement.

Si j’étais la pertinence, je dirais ceci :
Votre projet de colocation a retenu toute mon attention. Il remplit tous mes critères d’attente : situation, date de construction, superficie et plomberie.
Question charges de copro, électricité et chauffage, j'attends une future visite et rencontre. Je me rendrai disponible à votre convenance.

J’ajoute à ce chapitre « Pertinence » les précisions suivantes :
- Appareil livré en excellent état de marche.
- Fonctionne avec piles ou batterie inusables.
- Forte résistance au stress, aux charrettes, s’il en est, et à tout registre d’humour.
- N’a pas peur des mots mais les aime tous.
- Call center intégré.
- Messenger de réclamation compris dans le tarif global.
- E-mail d’état des lieux disponible pour tout sujet, question…

Pour terminer et paraphraser Desproges : travaillons donc ensemble !
Etonnant, non ?
Et cordialement, bien sûr !

Carmin de bagatelle

Rêveries promeneur

29.01.10

Avez-vous déjà fait un gratin d’eau ?

Temps de préparation : variable, selon votre inspiration du jour et la puissance choisie sous vos plaques à induction, électriques ou autre gaz.

Ingrédients conseillés :
- Molécule H2O (mesure au choix)
- Réveil+5min de tête dans le cul
- Très forte dose de connerie
- 12 kg de fruit de vous, 2 ans d’âge

Niveau de difficulté : débutant.

Dans une vieille bouilloire en inox calcairisée, faire couler l’H2O.
Poser ladite bouilloire sur le feu. Partir. Le plus loin et le plus longtemps possible de la cuisine.
Vous brosser les dents. Faire d’appliqués mouvements de bas en haut, jusqu’à obtention d’une pâte homogène. Prendre tout votre temps. Rincer.
Attraper votre brumisateur et vous en asperger généreusement le visage. Vous réveiller progressivement.
Mettre vos lentilles. L’une après l’autre.
Faire tomber vos lentilles. L’une après l’autre.
Vous énerver.
Prendre de nouvelles lentilles. Renouveler l’application. Réussir.
Mettre votre crème de jour « anti-tout ».
Laisser reposer la préparation et faire revenir vos 12 kg d’enfant dans un coton imbibé d’eau nettoyante.
Éplucher sa couche de nuit et lui en mettre une fraîche.
Lui curer les narines.
L’enfourner dans ses vêtements.
Badigeonner son visage de crème « pro-tout ».
Lui dire des mots doux. Lui faire un sketch humoristique improvisé. Répéter jusqu’au fou-rire.
Entendre tout à coup un bruit suspect en provenance de la cuisine.
Terminer votre spectacle réservé aux - 3 ans.
Remuer vos pieds et jambes jusqu’au lieu du crime. Constater les dégâts.
Déposer la préparation dans l’évier.
Renoncer pour toujours à boire du thé les lundis, mardis, mercredis, jeudis ou vendredis matin.
Retourner mijoter sous la couette.
Vivre pour toujours avec ça dans la tête :

Formule calcaire

L’avis du chef (tonalité Télématin) :
Le petit plat du matin qui ravira tous celles et ceux qui n’en sont pas ! L’astuce : plus grande est la mesure, plus jouissif est le succès !

27.01.10

My libraire is rich

Une main qui œuvre… Des oreilles qui écoutent et des yeux qui partagent.
La Manœuvre, c’est ça. Ils sont plusieurs à vous accueillir. Comme de vieux amis de fac qui auraient fait chemin commun. Pas de sourires gratuits, pas de chichis mais un vrai bon conseil pour aiguiller les futurs lecteurs.

La devanture est déjà tout un programme : une pléiade d’ouvrages de tous horizons et de toutes cultures, disposés côte à côte. Pas d’artifices, du passionné.
De l’éclectisme, de l’efficace.

Passée la porte de verre, franchie la marche et foulé le carrelage ancien : la bibliothèque idéale. Un amas de livres collés serrés (n’y voyez aucune allusion à Jocelyne Béroard). De grandes tables-étagères, des rayonnages sur chaque pan de mur et un charmant coin littérature enfantine à faire pâlir Ali Baba : un choix impressionnant et une petite chaise réservée aux bouquineurs mini pousses.

L’endroit est petit, chaleureux. Inspirateur. J’y entends toujours la caresse de la plume sur le papier ou la mélodie tapoteuse des vieilles Remington. C’est comme une cotonnade lettrée qui vous emmitouflerait. Le brouhaha de la Roquette n’y a pas droit de cité.

Les mirettes y sautillent, y courent, s’y attardent. Puis s’y arrêtent. Toujours sur plusieurs ouvrages.

Une vraie parenthèse pour qui fuit les supermarchés livresques, sans âme. Et pour tous les amoureux du Livre, qu’ils soient raisonnables ou enflammés.

My libraire is rich

26.01.10

Shercule

Tu es le lock de mon âme
Tu es le poids de mon cœur
Et pourtant Dame !
A tous diables je meurs

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

D’autant tu m’es cher
D’alors je m’évade et d’air
Je viens à manquer
Quand de toi je suis privée

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

Lasse est ma trame
Las sont tes drames
De limpide tu deviens carmin
En mutine tu me mues en vain

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

A quand l’heure rouge
Où ton corps me bouge
A l’angelus je me voue
A toi je me dévoue

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

Dévote je deviens
Quand en toi tu me tiens
Et m’annonces qu’au salut
Tu ne m’abandonneras plus

Shercule tu me bouscules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

Shercule

Le conte de Carmin

Il était une fois une amarante.

Plante sensible, riche de fleurs et pauvre de flétrissement, elle coulait d’heureux jours, mue par ses humeurs, ses passions et ses sauts de cœur. Son rougeoiement patient était son langage et sa chevelure son inspiratrice. Caressée par le quotidien, régalée de spontanéité, elle était vivace d’émotions.

Son accompagnatrice, originaire des Antipodes, sautillait dans la vie avec la légèreté de celles qui n’ont peur de rien. Toujours elle imaginait. Jamais elle ne regrettait. Ses vendanges à elle étaient maternées puis décomplexées. Sa cueillette était une fable. Son parfum celui du sourire. Sa fantaisie fanfaronne se posait là ! Plaisantine et comédienne, elle aimait l’anecdote.

Amarante et Mater aimaient la caresse du vent. Au-dehors, le monde est si nourrissant ! Parfois, elles faisaient le mur, vadrouillaient de ci de et ouvraient les portes du jardin. Parfois aussi, elles partaient en voyage et se gorgeaient de ses ailleurs. Mais à toute heure, elles puisaient leur sémillance dans l’univers suranné des temps précieux.

conte_de_carmin

24.01.10

Mélisande

Mélisande

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