Le pour et le contre, tout le monde connaît. Pesons aujourd’hui sa nouvelle
acception et tournons notre réflexion sur son application dans notre société,
bien complexe s’il en est ma foi…
Avez-vous déjà remarqué combien l’objet mercantile tend à inverser les
valeurs de ses attributs au prorata de l’âge des vôtres ? Je
m’explique.
Aux nouveaux venus (de 0 à 10 ans pour faire court et pour garder un
tantinet d’espoir), on offre le Pour. Lait pro-croissance, tétine pro-respect
des gencives, menus pro-calcium, crèmes pro-fesses roses et/ou pro-peau douce.
Puis chaussures pro-plante des pieds, jouets pro-éducatifs, livres
pro-bilinguisme…
Quant aux autres, bienvenue dans le monde de l’Anti et du Contre. Nonobstant
parlant bien sûr. On ne compte plus les promesses anti-âge, anti-rides,
anti-capitons, anti-cellulite (Femmes de France, si vous me lisez…). Mais aussi
les sacerdoces anti-déprime, anti-nerfs qui lâchent, anti-morosité, anti-culs
qui grattent et autres anti-pieds qui puent.
Il semblerait qu’une éminence grise se gausse de faire peur aux ‘anciens’ et
de fourvoyer les ‘plus jeunes’…
En résumé et en calculant vite, on passe finalement 1/8ème de notre
existence à flotter dans l’insouciance et la simili-béatitude. 1/8ème de vie
dédiée à la faveur d’être et à la logique du mieux-vivre. Les 7/8ème restants
sont voués à se battre CONTRE… mais contre quoi ? Contre tout…et
parfois même contre soi-même ! Oh mon dieu ! Ciel !*
En somme, malgré qu’en dépit du pour, excepté sa part de contre sauf
exception, je pense qu’à l’avenir j’éviterai toute pensée consumériste et
écrirai, à la place, un poème à la gloire de mon père.
*Traduction littérale de la réflexion intérieure et intrinsèque que j’ai
vécue dans mon moi profond l’espace des quelques secondes précisément
retranscrites.
