Carmin de bagatelle

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16.04.10

Le mas

Amarante imprévue et de blé, elle est sans bruit.
Son calme seul est une invitation et son charme un miel nouveau.
Sa voix est un souffle, sa charpente un havre de paix.
Bâtisse inconnue, elle semble un abri.
L’Absolu y appelle. Son oasis s’offre non tari.
Sa retraite imaginée est un refuge espéré.
Lyre aux accords inexistants, sa musique fait danser l’âme
Et emporte dans un tourbillon insoluble.
Mas, ton aura est un porte-voix.

Le mas

01.04.10

Carmin de bagatelle

Carmin tu es mon sel et moi je suis ta voix.
Ton code est la couleur et ton aura la profondeur.
Cochenille, Kermès ou Garance,
Ta carnation me met en appétence
Et ton prétexte passionné est frondeur
Quand son propre visage s’y renvoie.

Sanctificatrice, innocente ou virginale
Ta nuance hellène porte le symbole
Des croyances et rites de l’Amour.
Tes reliefs d’affect se fardent des atours
Qui font les plus nobles oboles.
Ton pavillon est aussi printanier qu’hivernal.

Carmin tu es un drapeau dans lequel je m’enroule.
Sur le fil j’écris ma spontanéité,
Dans ton lit je couche mes éclats
Et des mots qui guerroient.
Ta cadence est ma vérité
Et ta déferlante une houle.

Tu captes, tu vibres et tu couronnes
Sans plus ni moins de renversements.
Tu brûles en douceur et ton état de nature
En tout point perdure.
Diurne autant que vespéral, tu es un serment
Qui à toutes âmes se donne.

De cérémonial, tu deviens cardinal.

Bagatelle, je suis sous ta tutelle.
Ton sucre est une aura de rire
Et ton soleil un été fol et frivole.
Loin des frimas rouges tu batifoles.
Dans ta vallée, pas de pire
Mais une primesautière escarcelle.

Badinage et hochet à la verte parure,
Tu vas et viens au gré de tes caprices.
Ta babiole se joue de tout, même de rien
Quand ton conte se déroule sous ma main.
Ton métier n’a plus ni chaînes ni lices,
Seules tes vétilles tissent ma suture.

Bagatelle, tu es une porte qui invite aux gondoles.
Ta parade accueille et fanfaronne,
Elle s’amuse en saltimbanque au rythme des agrumes.
Ton fruit permis est un rayon que je hume.
Brimborion dont la pulpe ronronne,
Ta prairie est de tous le meilleur des rôles.

Carmin

01.03.10

1er mars

Mars tu es un combat
Dans lequel je me perds.
Parfois ta guerre est lasse
Et la mienne se glace.
Je suis à découvert
Tu as raison de moi.

Quand au cœur de l’assaut
Je me conçois vaincue,
Son image se pose.
Dans mon âme il repose
Et mes sens se sont tus,
Comme au fond du caveau.

Las ! Les Ides renaissent,
Célèbrent tes bourreaux
Et balaient de leur givre
Ma tête déjà ivre.
Ils ne sont que lambeaux
Qui de toi se repaissent.

Un souffle d’équinoxe
Raisonne en un seul cri.
Vil, il scinde mon sort,
Mon zénith et consorts.
Le Printemps est de pluie
Et moi peu orthodoxe.

Ce crépuscule bleu
Aux allures de limbes
Me prive du céleste
Et de toi ce qu’il reste.
Là, au gré de ton nimbe
J’ose entrevoir Dieu.

Veillée_2

26.01.10

Shercule

Tu es le lock de mon âme
Tu es le poids de mon cœur
Et pourtant Dame !
A tous diables je meurs

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

D’autant tu m’es cher
D’alors je m’évade et d’air
Je viens à manquer
Quand de toi je suis privée

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

Lasse est ma trame
Las sont tes drames
De limpide tu deviens carmin
En mutine tu me mues en vain

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

A quand l’heure rouge
Où ton corps me bouge
A l’angelus je me voue
A toi je me dévoue

Shercule tu me bascules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

Dévote je deviens
Quand en toi tu me tiens
Et m’annonces qu’au salut
Tu ne m’abandonneras plus

Shercule tu me bouscules
Ton opercule
A tout honneur m’émascule

Shercule

Le conte de Carmin

Il était une fois une amarante.

Plante sensible, riche de fleurs et pauvre de flétrissement, elle coulait d’heureux jours, mue par ses humeurs, ses passions et ses sauts de cœur. Son rougeoiement patient était son langage et sa chevelure son inspiratrice. Caressée par le quotidien, régalée de spontanéité, elle était vivace d’émotions.

Son accompagnatrice, originaire des Antipodes, sautillait dans la vie avec la légèreté de celles qui n’ont peur de rien. Toujours elle imaginait. Jamais elle ne regrettait. Ses vendanges à elle étaient maternées puis décomplexées. Sa cueillette était une fable. Son parfum celui du sourire. Sa fantaisie fanfaronne se posait là ! Plaisantine et comédienne, elle aimait l’anecdote.

Amarante et Mater aimaient la caresse du vent. Au-dehors, le monde est si nourrissant ! Parfois, elles faisaient le mur, vadrouillaient de ci de et ouvraient les portes du jardin. Parfois aussi, elles partaient en voyage et se gorgeaient de ses ailleurs. Mais à toute heure, elles puisaient leur sémillance dans l’univers suranné des temps précieux.

conte_de_carmin

24.01.10

La boucle

Te prendre contre moi
Petit bout de coton
Réchauffer ma peau
Tout au creux de toi

M’appesantir dans tes bras
Mon tendre flocon
Comme on vole dans l’eau
Je ne veux que toi

Rêver dans tes draps
Chantonner ton nom
Penser que tout est beau
Parce que tu es là

Ressentir ton aura
Et me blottir tout en rond
Dans ta douceur d’agneau
Je n’aime que ça

Caresser tes petits doigts
Cajoler leurs amonts
Et me revêtir du sceau
De toi

C’est alors que l’heure passa
Où tu devins trublion
Et en fier arbrisseau
Tu te muas

Armé de tes dignes pas
Tu franchis ton rubicon
En quittant le berceau
Au fil des mois

Et auréolé des tes lalala
Tu apprivoisas la diction
Joli canardeau
J’aime tes blabla

Demain le jour viendra
Où mon doux papillon
Tu babilleras en solo
Affranchi de moi

C’est alors que tu m’appelleras
Et que ta musique raisonnera à foison
Pour faire éclore le louveteau
Qui prendra soin de moi

La_boucle

22.01.10

Emmanuel

Mano ta marmaille est solo
De toi il manque le beau
Pour moi adieu les hauts

Julie est orpheline
Au revoir la féline
Les 15 ans sont loin
Tout se résume à un point
Sacré cœur en pression
Tu laisses la passion

Mano ta marmaille est solo
De toi il manque le beau
Pour moi adieu les hauts

Mille et une raisons
Mais une seule façon
D’aller saluer la lune
Au regard de nos plumes
Allez viens on va voir le matin
Et chanter le soir des entrains

Mano ta marmaille est solo
De toi il manque le beau
Pour moi adieu les hauts

Emmanuel

18.01.10

Le baptême

Notre blog qui es en ligne.
Que ton nom soit apprécié, que ton trafic vienne.
Que ta bagatelle fasse sourire sur la terre comme au ciel.
Donne-nous à penser chaque jour.
Pardonne-nous nos (potentiels) médiocres billets comme nous pardonnons aussi à ceux qui font de la daube.
Ne nous soumets pas à la normalisation
Mais délivre-nous du quotidien
Car c’est à toi qu’appartiennent la vie, l’humour et la dérision.
Pour le siècle du siècle (enfin à voir).
Amen.

Carmin.
Je te baptise donc. Au nom du web, de l’écrit, et de la sainte imagination.

Bapteme