Il était une fois une amarante.

Plante sensible, riche de fleurs et pauvre de flétrissement, elle coulait d’heureux jours, mue par ses humeurs, ses passions et ses sauts de cœur. Son rougeoiement patient était son langage et sa chevelure son inspiratrice. Caressée par le quotidien, régalée de spontanéité, elle était vivace d’émotions.

Son accompagnatrice, originaire des Antipodes, sautillait dans la vie avec la légèreté de celles qui n’ont peur de rien. Toujours elle imaginait. Jamais elle ne regrettait. Ses vendanges à elle étaient maternées puis décomplexées. Sa cueillette était une fable. Son parfum celui du sourire. Sa fantaisie fanfaronne se posait là ! Plaisantine et comédienne, elle aimait l’anecdote.

Amarante et Mater aimaient la caresse du vent. Au-dehors, le monde est si nourrissant ! Parfois, elles faisaient le mur, vadrouillaient de ci de et ouvraient les portes du jardin. Parfois aussi, elles partaient en voyage et se gorgeaient de ses ailleurs. Mais à toute heure, elles puisaient leur sémillance dans l’univers suranné des temps précieux.

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